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Un club de village parvenu jusqu'aux championnats nationaux et s'y maintenant pendant près d'une décennie, pratiquant du beau jeu et remportant coupe de l'Atlantique et coupe de l'Anjou : c'est la belle histoire de l'E.S. d'Ingrandes.

Elle commence le 9 avril 1947 par la fusion de l'Avenir, un club de deuxième division de district, et du Club athlétique, patronage catholique de bon niveau départemental. Les débuts se révèlent pourtant difficiles : l'Entente sportive est reléguée à l'issue de chacune de ses deux premières saisons ! Repartant en 4ème division départementale, elle prend son essor à partir du milieu des années cinquante et finit par accéder à la 1ère division de Maine-et-Loire tandis que Paul Guimard crée l'école de football du club.

Au bout de quinze années d'existence, l'E.S. d'Ingrandes fait parler d'elle en accédant à la finale de la Coupe de l'Anjou : l'adversaire est, hélas !, hors de portée puisqu'il s'agit de l'ogre montlimartois qui emporte aisément la deuxième de ses trois coupes consécutives (3-0). Après un lèger passage à vide à la fin des années soixante, Ingrandes se signale encore en 1969 en atteignant la demi-finale de la Coupe de l'Anjou sous le capitanat de Claude Hubert et la présidence de M. Hivert. Dans le même élan, elle devient championne de Maine-et-Loire en 1972: Châtelain, Fleuret, les frères Davy et leurs équipiers lui permettent d’accéder pour la première fois à un championnat régional. L'expérience est on-ne-peut-plus courte, l'E.S.I. se classant avant- dernière.

C'est à l'intersaison 1974 que ses dirigeants prennent la décision la plus déterminante de l'histoire du club en confiant les rênes de l'équipe à un jeune instituteur de 25 ans, Jacques Filnambu. Ce dernier s'est déjà fait remarquer sous les couleurs de l'Olympique baugeois en devenant champion de l'Atlantique de Promotion en 1973 puis, comme entraîneur-joueur, en accédant à la finale de la Coupe de l'Anjou 1974, perdue contre… Saint-Pierre-Montlimart. Dès sa première année, il mène Ingrandes au titre de champion de Maine-et-Loire et remonte en PH. Pour sa deuxième saison, l'équipe finit seconde et dispute la deuxième finale de Coupe de l'Anjou de son histoire, perdue cette fois contre Doué-la-Fontaine qui marque le but décisif à 5 minutes de la fin.

En 1976-77, sous la présidence de Paul Guimard, l'E.S.I. se classe 1ère en PH et monte en DRH mais Filnambu quitte Ingrandes pour les Ponts-de-Cé. La saison est difficile. Ingrandes finit seulement 13ème et ne doit son repêchage qu'à la création de la 4ème division nationale qui libère des places en cascade. Filnambu fait alors son retour et l'E.S.I. rencontre à nouveau le succès, terminant 1ère en DRH et accédant au plus haut niveau régional. En outre, elle est demi-finaliste de la Coupe de l'Atlantique et gagne enfin la Coupe de l'Anjou, au détriment des Ponts-de-Cé ! Classée bonne troisième de DH derrière le F.C. Nantes et l'U.S. Montreuil-Juigné pour son année d'apprentissage, Ingrandes se distingue à nouveau l'année suivante et devenant championne de l'Atlantique avec 4 points d'avance sur les Montreuillois. Après débat, le club de ce village de 1.500 habitants accepte sa promotion et devient ainsi le 4ème club de Maine-et-Loire à accéder aux championnats nationaux après le S.C.O. d'Angers, le S.O. choletais et l'Olympique de Saumur. Bravo à Philippe Besnard, Pierre Chopin, Jacky Davy…

Pour disputer correctement le championnat de D4, Filnambu a exigé de ses dirigeants qu'ils améliorent les installations et de ses équipiers qu'ils s'engagent moralement à rester au club même en cas de relégation. Il recrute Philippe Verron (un latéral de 20 ans issu de Saint-Pierre- Montlimart), Yvan Athmen (23 ans, milieu offensif, de Montrevault bien sûr) et Lamjid Mehli (milieu de 23 ans en provenance de Bouchemaine). Pour leur entrée en matière, les Verts s'imposent 3-1 contre Cholet puis finissent à la 9ème place, synonyme de maintien.

D'où vient le miraculeux succès ingrandais ? Un peu comme à Auxerre, qui dans le même temps étonne la France en se maintenant en D1, il repose sur un travail de fond très dur en début de saison qui donne à plein régime au cours de l'hiver et permet à l'équipe de finir fort au printemps, mais aussi sur un parti pris de technique et de jeu d'attaque. Il naît également de la complémentarité de dirigeants qui - le jeune président Roger Marchand en tête - se concentrent sur leurs missions (il y a à faire car le budget est serré !) et déléguent tout l'aspect sportif à un entraîneur-joueur en qui ils peuvent avoir confiance : Filnambu sait tirer le meilleur de ses équipiers grâce à la diversité et à la qualité de ses entraînements et par son exemplarité sur le terrain où il fait preuve d'un engagement irréprochable. Et puis, et cela distingue sûrement Ingrandes d'Auxerre, il y a l'ambiance ingrandaise ! On fait de la route pour voir jouer Ingrandes et les troisièmes mi-temps sont joyeuses !

L'été 1982 voit l'arrivée de Philippe Jeanneteau, un junior de Champtocé sélectionné en équipe de l'Atlantique. Grâce à un excellent début de saison, l'E.S.I. peut viser la montée : à mi-parcours, elle est 3ème à deux points du leader Lannion. Malheureusement, la série des matches retours est mauvaise et l’entraîne jusqu'à la 9ème place. Entre-temps, elle a disputé un des matches les plus importants de son histoire, au 7ème tour de la Coupe de France, qualificatif pour les trente- deuxièmes de finale. A ce niveau encore jamais atteint, l'adversaire est "l'Institut national du football" : il s'agit du centre de formation officiel de la Fédération basé à Vichy, dont l'effectif compte de futurs professionnels tels que Philippe Sence ou Frédéric Zago. Le samedi 15 janvier 1983, c'est donc une foule historique qui se masse autour de la pelouse du stade des Mouettes : il y a plus de 2.500 spectateurs payants dans cette commune de 1.500 habitants ! L'E.S.I. aligne la formation suivante : Besnard - Véron, Sourice, Chauvat, Filnambu - Petit, Galard, Jacques Davy, Athmen, Jacky Davy, Garniel, Jeanneteau, Dandé. Le coup d'envoi est donné à 14h30. Les Ingrandais profitent de la fébrilité de leurs visiteurs pour faire jeu égal. Ces derniers ouvrent pourtant la marque à la 52'. Mais heureusement, en pressant dans les les dernières minutes, les Angevins obtiennent l'égalisation par un pénalty de Chauvat à l'ultime seconde ! C'est la prolongation, qui ne donne rien. La qualification se joue donc aux tirs aux buts et elle échappe aux Verts.

Les deux saisons qui suivent, 1983-84 et 1984-85, sont moins flatteuses. L'équipe est peut-être en fin de cycle, le niveau du jeu décline. Jamais en danger la première année, à l'issue de laquelle elle s'offre une nouvelle Coupe de l'Anjou, Ingrandes ne se sauve que de justesse la seconde. 1985-86 est une saison de changement, d'abord parce que l'E.S.I. est affectée au groupe du Sud- Ouest, ce qui lui vaudra des déplacements à La Rochelle, Périgueux, Andernos et même Orthez, mais aussi par le renouvellement qu'apportent les Candéens Hugues et Stéphane Trottier. Le début du championnat est difficile mais l'équipe amorce ensuite un beau redressement et finit 6ème à 3 points du podium… et 3 points de l'avant-dernier ! Dans la foulée, elle signe un doublé Coupe de l'Atlantique-Coupe de l'Anjou à huit jours d'intervalle.

La saison suivante, retour dans le groupe Ouest, est à l'inverse : les arrivées de Loïc Lochard (Segré) et Eric Athmen (Montrevault) en renfort de Thierry Leutier permettent un excellent début de saison, si bien qu'à quatre journées de la fin, Ingrandes est encore deuxième derrière Saint-Malo et reste en course pour la montée en D3 mais elle s'écroule dans le sprint final et termine seulement 7ème. Deux piliers du club s'en vont à l'été 1987 : Gérard Sourice retourne à Montrevault et Jacky Davy part à Chalonnes ; Philippe Jeanneteau revient après deux saisons comme entraîneur-joueur à Champtocé. L'E.S.I. se classe à nouveau 9ème de D4 et remporte sa quatrième Coupe de l'Anjou. C'est sa dernière belle saison.

1988-89 s'annonce mal, à plus d'un titre. Sur le plan financier, l'E.S.I. rencontre des difficultés bien que le SIVOM Ingrandes-Le Fresne ait repris sa dette et lui ait accordé une subvention de 80000 F, en contrepartie de la propriété des installations qu'avait construit le club : c'est que les entrées qui représentent la plus grosse part de ses petits revenus ont diminué de 420 à 330 spectateurs par match, tandis que les budgets des adversaires ne cessent de grandir. Sur le plan administratif, elle est sanctionnée pour n'avoir que trois arbitres au lieu de quatre et subit de ce fait une interdiction de recrutement. Sur le plan sportif enfin, l'entraîneur-joueur et meneur de jeu Jacques Filnambu annonce qu'il partira en fin de saison. Handicapée par tous ces soucis, l'équipe ne marque que deux points en huit matches ! Elle s'en sort pourtant à l'arraché en finissant par deux victoires contre Segré et La Roche-sur-Yon et par une ultime mais précieuse défaite à domicile contre Ancenis : précieuse car elle rassemble 1.500 spectateurs payants au stade des Mouettes or le critère de repêchage est précisément la moyenne de fréquentation ! L'E.S.I. est repêchée.

Comme annoncé, Filnambu part à Trélazé, où il est toujours instituteur, pour continuer à jouer sans pénaliser son équipe (il a près de 40 ans !) ; Gérard Cougnaud lui succède pour la saison 1989-90. Il ne peut éviter l'écroulement de l'équipe, qui finit 14ème et dernière de D4, loin derrière l'avant-dernier St-Sébastien-sur-Loire, encaissant 79 buts en 26 rencontres. Le dernier match de D4 aux Mouettes se conclut par un improbable succès 7-4 contre Pont-L'abbé !

Voici Ingrandes revenue en division d'Honneur, avec un nouvel entraîneur (Jean-Luc Trézères) et un nouveau club : l'E.S.I. fusionne en effet avec l'Elan du Fresne-sur-Loire. L'agglomération (2.200 habitants) regroupe ses forces ! Mais rien n'y fait et le F.C. d'Ingrandes & Le Fresne réalise une saison encore pire que la précédente : 14ème et dernier, il ne remporte qu'un seul match. Significativement, le parcours se termine par une défaite 7-1 à St-Sébastien, portant l'addition à 74 buts encaissés pour 20 marqués. La dégringolade se prolonge par une dernière place en DSR en 1992. Et après une période de stabilisation jusqu’en 1996 survient une nouvelle série de relégations : 12ème et dernière en PH (1998), 12ème et dernière en D1 (1999), 12ème et dernière en P1 (2000), Ingrandes se retrouve en D2 départementale, son plus bas niveau depuis les années soixante. Depuis, le club est reparti sur de bons rails : il a retrouvé la 1ère division départementale et y obtient des classements honorables (6ème en 2005, 5ème en 2006 et 2007).

Ingrandes au niveau départemental ? rien de plus normal. L'extraordinaire est que ce club, semblable à des milliers d'autres, ait su se hisser jusqu'aux championnats nationaux, rivaliser avec Cholet, Le Mans, Saint-Nazaire, Cherbourg, Lorient, La Rochelle, Brest, La Roche-sur-Yon pendant des années, grâce à la conjonction du dévouement, de l'effort, de l'abnégation, de la convivialité, et… du talent.

Olivier Moreau - juillet 2007

l'Entente sportive
d'Ingrandes

Pour nous écrire :
anjou.foot@laposte.net
 
E.S. d’Ingrandes

Champion de l’Atlantique
1981

Champion de Maine-et-Loire
1972 - 1975

Coupe de l’Atlantique
1986

Coupe de l’Anjou
1979 - 1984 - 1986 - 1988

Participante au championnat
de 4ème division nationale
de 1981 à 1989
  
Jacques Filnambu en action (1983).